Journée mondiale de l'eau 2011

"l'eau pour les villes : répondre au défi urbain" - "les bidonvilles abritent aujourd'hui 1 milliard d'habitants"

La semaine dernier avait lieu la journée mondiale de l'eau dont le thème cette année était : "l'eau pour les villes : répondre au défi urbain"

 

Je reproduis ci dessous in extenso le message de la Directrice Générale de l'Unesco Irina Bokova :

 

" Comme chaque année depuis la proclamation de la Journée mondiale de l'eau par les Nations Unies en 1992, l'UNESCO renouvelle son appel à répondre aux immenses défis que pose la gestion la gestion de l’eau pour l’ensemble de la communauté mondiale.


Le thème de cette journée, « l'eau pour les villes: répondre au défi urbain », est une façon de rappeler à tous que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la majorité de la population vit dans les villes. L’étalement urbain ne cesse de progresser et les bidonvilles, toujours en extension,  représentent 38% de cette croissance. Ils abritent aujourd’hui 1 milliard d’habitants. Cet essor de la population urbaine prend de vitesse le développement des infrastructures de gestion, de traitement et d’assainissement de l’eau. Le fossé entre les « nantis » et « démunis » est plus aiguë que jamais, à l’heure où le partage des ressources et l’accès à l’eau potable sont non seulement des conditions minimales de vie en communauté, mais aussi de respect de la dignité humaine.

 

Dans la plupart des pays en développement, qui représentent l’essentiel de la croissance urbaine mondiale, les eaux usées sont insuffisamment traitées et se déversent directement dans les nappes d'eaux souterraines, aggravant la pollution de cette ressource fragile. Les zones urbaines, avec leur forte densité de population, sont fortement exposées aux maladies transmises par la mauvaise qualité de l’eau. Elles sont aussi plus vulnérables aux catastrophes naturelles en l’absence de mesures de gestion des crues nées du réchauffement climatique. Le manque d'accès à l'eau et l'assainissement pèsent alors lourdement sur le  développement économique et social des citadins pauvres qui peuvent payer jusqu'à 50 fois plus pour un litre d'eau que leurs voisins plus riches.


Dans sa mission pour aider les États membres à mieux comprendre et relever les défis de l'eau en milieu urbain, l'UNESCO a mis en oeuvre un programme scientifique intergouvernemental dédié aux sciences de l'eau, par le biais de son Programme hydrologique international. L'Institut UNESCO-IHE pour l'éducation a mis en place un large éventail d’activités visant à promouvoir des solutions durables de gestion des eaux urbaines. L’UNESCO défend le principe d’une « gestion intégrée de l'eau urbaine », c’est-à-dire qui prenne réellement en compte la diversité des usages et des dimensions de l’eau pour la vie urbaine. En effet, les défis de la consommation domestique, industrielle, les questions d’hygiène, les risques de crues… tous ces défis doivent être relevés ensemble, si nous voulons répondre efficacement à chacun d’entre eux.


Il n’y a pas de développement humain durable sans une eau de bonne qualité accessible à tous. Cette vérité s’impose aux citadins et à travers eux à l’ensemble de l’humanité. 276 bassins versants et presque autant d’aquifères dans le monde sont partagés entre plusieurs pays. Toutes ces ressources partagées sont des carrefours naturels de la civilisation mondiale. Si nous échouons à faire de l’eau un instrument pour la paix, elle pourrait être demain, une source majeure de conflits. A l’heure où nous célébrons en 2011 l’Année internationale de la Chimie, l’UNESCO s’engage à diffuser auprès du plus grand nombre les moyens qu’offrent la science pour faire du droit à l’eau et à l’assainissement, reconnus en 2010 par l’Assemblée générale et par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, une réalité pour tous. En réitérant notre engagement en ce jour, j'appelle la communauté internationale à se joindre à nos efforts. "


Ce message est terriblement d'actualité et pourtant ce constat ne date pas d'aujourd'hui. A quoi attribuer le retard que nous constatons aujourd'hui dans l'atteinte des fameux objectifs du millénaires ? A notre manque de solidarité ? A l'éloignement géographique ? A la crise économique ?

Probablement à tout cela à la fois et à d'autres raisons encore...

 

Nous aurions cependant tort de croire que le statut quo peut continuer. Il n'y a qu'à voir quel formidable mouvement a pu enclencher une soif de démocratie dans les pays arabes actuellement. Souhaitons que le même élan nous anime pour éviter qu'un nombre croissant de nos concitoyens du monde ne connaisse réellement la soif.

 

 

Pour aller plus loin

http://www.unesco.org/new/fr/natural-sciences/environment/water/

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